
Nous sommes partis de Moulay Abdesalam Vendredi dans l’après-midi Ilyan et moi pour rejoindre Chefchaouen. La traversée des vallées qui se succèdent sur le trajet jusqu’à Bni Leyt nous a offert un festival de fleurs, de plantes, d’arbres centenaires, de couleurs du ciel qui nous transportent très vite très loin des bruits et des fureurs de la ville. J’étais heureux de voyager seul avec mon garçon, malgré l’effort, malgré les sacs que nous portions, malgré les genoux qui grincent et les mollets qui couinent, heureux de n’avoir à m’occuper que de lui…
Le départ au petit matin du samedi pour ce qui s’annonçait comme une longue journée de marche fut à l’image de ce périple jusqu’à présent. Beaucoup de sérénité et de maturité de la part d’Ilyan, beaucoup d’attention aux autres et aux choses. Il s’est autant occupé de moi sur la longue route qui relie Larbaa à Chaouen, que moi de lui. Je le soupçonne même d’avoir une ou deux fois annoncé son souhait de s’arrêter en fonction de ma fatigue et non de la sienne.
A chaque repos, il lisait. Et chaque départ était conditionné par la « fin du chapitre ». Mais il a trouvé aussi le temps de photographier les plus belles fleurs, de découvrir des insectes nouveaux, et de poser quantités de questions. Nous avons aussi beaucoup parlé, de la nature, de l’amitié, de comment se comporter avec ceux qui vous trahissent, de l’avenir du monde, de l’importance de l’hospitalité, du métier qu’il veut faire quand il sera grand (mais c’est un secret) …
Je suis reparti Lundi en voiture après l’avoir confié à Adil et Renaud en ayant l’impression d’avoir passé plus de 10 jours dans un autre monde, dans le monde d’Ilyan.
