39 km pour rejoindre Chefchaouen

Beni Layeth – Chefchaouen

Nous démarrons tôt le samedi matin parce que nous avons un challenge avec papa: arriver à Chefchaouen en une journée. Sur les conseils de notre hôte, nous traversons la campagne jusqu’au village de Larbaa qui permet de rejoindre Chefchaouen par la nationale. Nous passons au moment de la sortie du lycée et faisons sensation au milieu de tous les élèves sidérés. Nous évitons de longer la nationale qui est très fréquentée et tentons de couper autant que possible à travers la forêt ou les champs. Au bout de 39 km de marche, nous sommes épuisés et apercevons Chaouen. Il n’y a aucune habitation autour pour nous héberger, nous faisons du stop pour les quelques derniers kilomètres. Le lendemain nous profitons de Chaouen où nous rencontrons un tisserand avec qui nous discutons longuement. Il est l’un des derniers à fabriquer sur un métier à tisser manuel des ceintures larges pour les femmes. Quand il a commencé, à l’âge de 10 ans, ils étaient 300 sur la seule ville de Chaouen. Un touriste américain a voulu le prendre en photo mais il a refusé en nous disant que ceux qui veulent photographier des singes peuvent aller à Marrakech!

maman témoigne

Vendredi soir, tard, je suis rentrée de mon périple, brûlée par le soleil et un peu fatiguée par ces 5 jours de marche (90km en tout). J’ai adoré cette expérience de marche, de rencontres et de complicité avec Ilyan. Nous étions toujours dans la campagne et avons croisé plein de gens adorables. Ils se demandaient clairement ce que nous faisions tous les deux dans la nature à pied. Plusieurs ont voulu nous prendre en voiture ou même, nous payer le taxi mais nous insistions pour dire que l’objectif était bien de faire Tanger-Ouarzazate « 3la rjlina » (à pied en marocain). J’expliquais que c’était le désir d’Ilyan et non une punition que je lui infligeais et du coup ils nous regardaient partir désolés en implorant l’aide de dieu sur nous « la3awnkoum ». Nous avons traversé de magnifiques paysages autour du barrage du 9 Avril, dans les forêts de chêne-liège. En montant on pouvait apercevoir la limite de l’océan à l’ouest et les montagnes du moyen atlas au sud-est. A part un petit coup de mou à la suite de notre nuit sous tente, Ilyan était toujours serein, motivé et heureux de vivre cette aventure. Il n’aime pas les paroles mais les actes (contrairement à beaucoup) et dans cette nature simple et vivante, il est dans son élément. Sa conclusion de la semaine : « Il va falloir tout refaire en voiture quand j’aurai fini pour revoir et remercier ces personnes qui nous ont accueillis si généreusement. » Ma conclusion de ces 5 jours passés avec Ilyan: « La marche est le meilleur moyen de nous faire avancer sur le chemin de la simplicité et de l’authenticité dans ce qui nous lie à nous-mêmes et aux autres. Merci Ilyan d’avoir eu ce rêve

Petit déjeuner de roi

Lahcen – Beni Layeth

Après un petit déjeuner copieux, nous profitons de la matinée pour lire. J’ai apporté ma liseuse et dès que je peux je continue mon roman. Papa arrive vers 13h et nous refaisons les sacs pour que le mien soit un peu plus léger. Il m’a apporté des T-shirts à manches longues pour éviter de me brûler les bras. Maman repart sur Marrakech et papa et moi démarrons notre marche avec pour objectif d’atteindre Chefchaouen le plus rapidement possible. Nous marchons 16 km sur des chemins de campagne très verts et comme il est un peu tard nous devons nous arrêter dans le village de Bni Leit où nous sommes accueillis dans une belle maison.

Moulay Abdeslam

Aghbalou – Lahcen

 Le ciel est couvert et nous partons pour une grande montée vers le village de Moulay Abdessalam, perché sur la montagne. 13 km à travers une forêt de chêne-lièges grandioses. Les seules bâtisses que nous croisons sont de ruines abandonnées. Nous avançons doucement, un peu fatigués après 4 jours de marche. Heureusement il ne fait pas trop chaud et un vent frais nous revigore à chaque pause. Moulay Abdessalam est connu pour son mausolée qui se dresse au sommet de Jbel Allam, à 1.400 mètres d’altitude. C’est un lieu de pèlerinage mais à cette période de l’année il n’y a personne. Nous sommes attendus le soir au gîte de Mohamed Karmoun Bouhachem qui m’accueille comme un héro! La descente jusqu’à son village se fait par un long chemin de pierre qui est celui qu’empruntaient les pèlerins quand il n’y avait pas la route goudronnée. J’apprécie de marcher à nouveau dans la nature loin du bitume. Je suis tout excité parce que demain papa nous rejoint au gîte.

12 km de côte

Khoumz – Aghbalou

Nous avons repris la route vers 9h du matin pour atteindre Bghaghza. 12 km de côte, en plein soleil, ce n’était pas de tout repos. Nous avons croisé des personnes en voiture qui voulaient absolument nous faire monter et ne comprenaient pas du tout l’intérêt de faire ce trajet à pied. C’était assez drôle d’argumenter avec eux pour les convaincre de nous laisser marcher.
En fin de journée, nous atteignions Arbalou. Nous avons eu du mal à trouver un endroit où dormir. Les portes s’ouvraient moins facilement que les jours précédents. Mais nous avons finalement été accueillis par une dame dans une belle maison… avec un lit très confortable ! Nous nous sommes laissés séduire et avons abandonné nos tentes dans notre sac à dos pour une nuit.

la simplicité

Abanahkim – Khoumz

Après 20 km de marche nous arrivons dans la seule maison entre Dar Chaoui et Bghaghza. Elle est habitée par deux frères très sympas. Nous avons partagé du pain, de l’huile d’olive, des œufs frais et des olives préparées par leur mère qui habite dans un douar un peu plus reculé.
La nuit était un peu compliquée car nous avons dormi dans nos tentes, plantées dans le jardin. Les chiens ont aboyé autour de nous tout le début de nuit puis nous avons eu un peu froid mais sinon ça allait. Le lendemain nous avons replié les tentes comme nous pouvions. Ce n’était pas si facile parce qu’elles étaient trempées. Et nous voilà repartis !

Barrage du 9 Avril

Hjar Nhal -Abanahkim

Nous partons avec Maman, notre guide et un sac à dos pour une bonne vingtaine de bornes. Nous nous sommes un peu perdus car le guide ne connaissait pas la région si bien que ça. 
Nos efforts furent récompensés en fin de journée car nous avons atterri chez une famille adorable qui nous a accueillis très chaleureusement. Le père rayonnait par sa joie de vivre, c’était un bonheur de passer la soirée à discuter avec lui. Nous sommes repartis ce matin après de grands « au revoir », ravis de cette rencontre.

La traversée du maroc à pied

 » Tout semble impossible à ceux qui n’ont jamais rien essayé.  » – jean-louis Etienne

Je m’appelle Ilyan, j’ai 13 ans, je suis franco-marocain et j’ai décidé de traverser le Maroc à pied. La première étape sera d’aller de Tanger jusqu’à Ouarzazate. Je marche toujours avec un adulte de ma famille ou parmi mes proches et nous dormons soit en bivouac, soit chez l’habitant. L’objectif est de découvrir mon pays et d’aller à la rencontre des gens qui y vivent. J’aime marche en montagne et j’ai construit mon itinéraire en fonction de cela: pour marcher en dehors des sentiers battus. Une deuxième étape de traversée du désert aura lieu en 2019/2020. Merci à tous de me suivre dans cette aventure !

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