Seuls dans le désert

Ait Karmoss – Aarbane – Zaida

Pendant 3 jours on a marché sur des routes plates et désertiques entourées de montagnes. Sur les conseils des villageois on a pris le chemin le plus à l’est parce qu’il faisait trop froid dans la vallée où on était. C’est une route toute droite, sans aucun village, très peu de passage. Heureusement on trouve toujours un petit endroit pour planter la tente à l’abris ou poser nos sacs de couchage. Lost fait pas mal de bêtises la nuit, elle nous réveille, abîme la tente et fait pipi partout. On a décidé de l’attacher dès qu’on monte ou démonte les tentes pour qu’elle apprenne à se calmer. On rencontre des gens très sympas dans les rares épiceries qui sont sur notre chemin. On reste discuter dans ces moments là parce que sinon on marche plutôt en silence. On pense qu’on arrivera à Midelt Vendredi.

Salut les copains

Petit retour de Nayla, la soeur d’Ilyan, Moha et Nejma, leurs amis de toujours qui ont marché 5 jours avec Ilyan la semaine dernière: « Nous avons passé une semaine géniale. Les paysages étaient magiques, au Parc de Tazekka, on avait l’impression d’être au Canada. On a adoré camper, monter les tentes, faire un feu et on a bien rigolé quand il pleuvait et qu’on était coincés dans les tentes. La marche était plus difficile qu’on ne pensait surtout avec les sacs sur le dos mais on est fiers d’avoir tenu jusqu’au bout. En plus on a du porter Lost mais on était super contents de l’avoir avec nous. On a fait environ 80 kilomètres. Ilyan est vraiment fort parce qu’il marche sans se fatiguer. Son seul défaut est de ne pas aimer les photos. »
Commentaire d’Ilyan: « Je trouve que chacun s’est dépassé et a fait beaucoup d’efforts. Je ne pensais pas qu’on marcherait autant. On a beaucoup ri et cette semaine m’a fait du bien. »

avec Anass Yakine

Ait el Begal – Ait Khbach

Changement de compagnons, changement de paysages, changement de rythme mais toujours le même objectif: aller jusqu’à Ouarzazate à pied en passant par les campagnes. Celle qui ne change pas c’est Lost, ma petite chienne, qui s’est très bien adaptée à sa nouvelle vie. On a retrouvé Anass Yakine à Boulemane. Lui, a déjà une grande expérience de marche au Maroc puisqu’il a sillonné le pays pendant deux ans à pied avec un sac à dos. Il a eu la gentillesse de m’accompagner quelques jours. Il a remplacé Nayla, Nejma, Moha et maman avec qui j’ai passé un très bon moment. Ils nous ont déposés à Ait El Begal, au niveau de là où je m’étais arrêté la veille. Nous avons refait nos sacs en prenant quelques affaires bien chaudes supplémentaires et nous avons pris la route après avoir embrassé tout le monde. On a marché environ 15 km en direction de Boulemane. On a installé nos tentes près d’un petit village, Ait Khbach, entre deux champs dans un bel endroit. On a regardé le coucher du soleil et on s’est couchés tôt.

ça monte, ça monte!

Mediouna Adrej – Sarij

Après un bon petit déjeuner chez un habitant d’Assamer nous reprenons la marche vers 11 heure avec quelques affaires mouillées dont les chaussures de Moha qui est obligé de marcher en sandales. Papa a prévu de nous rejoindre à Tilminate vers 15h avec un bon repas. Presque tout le trajet est une montée. Chacun travaille son mental pour avancer sans se décourager. Nejma compte ses pas, Nayla utilise la méthode Coué et se convainc que le chemin est plat. On arrive pile ensemble au rendez-vous. Je continue avec papa et Moha 8km de côte supplémentaire pendant que les filles partent chercher un endroit pour dormir. On aura monté 700m de dénivelé dans la journée et touché la neige. On passe la nuit dans un tout petit hôtel dans le village magnifique de Imouzzer Marmoucha perché sur une falaise.

En sécurité

Aouglit – Mediouna Adrej

On prend la route devancés par le mokadem qui a reçu l’ordre de nous suivre jusqu’au prochain district ou un autre mokadem nous attend (le mokadem étant le représentant de l’état au sein du village). Le commandant de la gendarmerie passe régulièrement en voiture pour savoir si tout va bien. Autant vous dire qu’on est en sécurité. C’est encore un gendarme qui a marché une heure avec nous pour nous montrer un raccourci et un bel endroit pour planter la tente. Nous montons le camp vers 15h sous l’œil ébahi des habitants de Assamer. Nous avons prévu de passer le reste de la journée tranquilles. Nous nous préparons des sandwiches kiri, sardines, oeufs brouillés cuits au feu de bois, olives maisons offertes par l’épicier du village. À peine le repas terminé, il se met à pleuvoir et chacun se réfugie dans sa tente jusqu’au lendemain matin. Lost serait bien restée jouer dehors mais je la prend avec moi. Il a neigé juste au dessus du village pendant une bonne partie de la nuit mais nous n’avons pas eu froid. Nous étions juste affamés.

Couscous improvisé

Ribate El Kheir – Aouglit

Nous partons de Ribate el Kheir où nous avions dû nous arrêter lundi avec mon frère Yanis, en direction de Boulemane. Nous essayons de couper à travers champs pour éviter la route. Beaucoup de montées et de descentes et des paysages toujours plus beaux. Nous nous sommes équipés pour la pluie qui tombe légèrement de temps en temps. Vers 14h, une voiture s’arrête et une dame sort pour nous proposer de venir déjeuner sous un olivier dans son jardin un peu plus loin. Elle a préparé un couscous que nous dégustons avec plaisir. Nous sommes impressionnés par tant de gentillesse. Même Lost a droit à une part. Le soir nous sommes accueillis chez le Mokadem d’un magnifique village, Aouglit. Nous avons marché 24 kilomètres et je viens de franchir les 500km depuis Tanger.

Le parc du Tazekka

Parc Bouhayati – Admame

Nous sommes réveillés par la pluie qui tombe sur nos tentes. Heureusement elle ne dure pas et nous devons attendre que les toiles sèchent avant de repartir. Sur la route, il n’y a pas la moindre épicerie et nous avions heureusement gardé le reste de tagine de la veille que nous faisons réchauffer dans la casserole qu’Adil a laissée. Nous décidons de passer par la forêt de pins et de chênes, nous sommes seuls et les paysages sont très sauvages. « Lost », notre petite chienne, nous suit malgré ses petites pattes et quand elle est fatiguée on la porte chacun notre tour. Nous arrivons à l’auberge Admame à Tazekka où Radwan el kharbaoui nous attend. Il nous amène voir le coucher de soleil et nous apprend beaucoup de choses sur le parc. C’est un guide incroyable et c’est devenu un ami que nous reviendrons voir.

Un grand jour

Taza – Parc Bouhayati

mardi 2 avril est un grand jour pour deux raisons. La première est que je retrouve ma soeur Nayla et mes amis Moha et Nejma. Nous allons marcher 6 jours ensemble avec maman. Nous avons décidé de revenir au Parc National de Tazekka parce qu’à cause de la pluie je n’avais pas pu le traverser à pied. La deuxième est que j’ai enfin trouvé mon compagnon de route: une petite chienne abandonnée qu’on a appelée Lost et qui avait été abandonnée à une station de bus il y a 4 jours nous a dit un monsieur. J’ai toujours espéré trouver un animal pour m’accompagner (j’avais pensé à mon chat, mon chien, un perroquet, un pigeon, une tortue, une chèvre, un écureuil) et voilà, ce sera Lost! Nous avons rejoint Ras el Ma en taxi et nous avons marché tout l’après midi jusqu’au Douar Bouhayati où nous avons mis le campement. Une journée magnifique!

40km à pied ça use les souliers

Admame – Ribate el Kheir

Nous avons 40km à faire pour rejoindre Ribate et il pleut. Radwan el Kharbaoui nous a accompagné au début pour nous montrer les 3 sources d’eau gazeuse, d’eau salée et d’eau pure. Radwan est un guide particulièrement attentionné et serviable. Il est passionné par ce qu’il fait et adore le Parc National de Tazekka où il habite. Il fait de la randonnée et de la spéléologie et voudrait que ce parc soit plus connu des marocains et des étrangers. C’est effectivement magnifique. Nous parvenons à faire les 40km qui permettent d’arriver à Ribate entre les gouttes. La soirée est un peu compliquée parce qu’on ne trouve pas d’endroit où planter la tente. finalement quelqu’un nous conduit jusqu’à Sefrou où il y a un hôtel. Nous n’avons pas le choix, il est 20h30, il fait nuit et on est épuisés.

Témoignage d’Adil

J’ai vécu un séjour extraordinaire. Etre dans la nature, ne plus penser à rien et juste mettre un pied devant l’autre. On oublie tout, on est totalement libre. La région qu’on a traversée est magnifique et Ilyan m’a impressionné par sa volonté. Ce qu’il fait, très peu d’adultes pourraient le faire. Il m’a donné une bonne leçon sur la force mentale qu’on peut avoir quand on veut quelque chose. Toutes les personnes qu’on a croisé ont été impressionnées par ce petit bonhomme. Pas seulement par son challenge de traverser le maroc mais aussi par ce qu’il est: il a une relation sincère et immédiate avec tout le monde. Il peut s’énerver quand il doit traverser un oued parce qu’il n’aime pas l’eau mais sinon il est toujours calme et souriant. Il adore les arbres, les fleurs, les insectes, tout ce qui touche à la nature et je suis certain qu’il s’enrichit énormément pendant ce voyage. Je remercie vraiment Ilyan pour ce qu’il m’a appris.

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