Mis en avant

La traversée du maroc à pied

 » Tout semble impossible à ceux qui n’ont jamais rien essayé.  » – jean-louis Etienne

Je m’appelle Ilyan, j’ai 13 ans, je suis franco-marocain et j’ai décidé de traverser le Maroc à pied. La première étape sera d’aller de Tanger jusqu’à Ouarzazate. Je marche toujours avec un adulte de ma famille ou parmi mes proches et nous dormons soit en bivouac, soit chez l’habitant. L’objectif est de découvrir mon pays et d’aller à la rencontre des gens qui y vivent. J’aime marche en montagne et j’ai construit mon itinéraire en fonction de cela: pour marcher en dehors des sentiers battus. Une deuxième étape de traversée du désert aura lieu en 2019/2020. Merci à tous de me suivre dans cette aventure !

Rejoindre le Saghro

Boumalne – Tagadilt

8 décembre

Ce matin, nous avons retrouvé le muletier et chargé la mule. A midi, nous prenions la route. La randonnée d’aujourd’hui était assez facile, nous avons marché essentiellement sur du plat. Il n’y a que pour Sofia que c’était un peu plus difficile car elle est très chargée avec son matériel vidéo.
Nous nous sommes trouvé un joli endroit où planter la tente. Pour le dîner, nous avons cuisiné un tajine et une soupe.
Une bonne première journée !

Deuxième partie: le Sud

Arrivée à Boumalne

7 décembre

C’est le grand départ ! Merci encore à tous ceux qui m’ont soutenu sur Ulule et qui rendent cette aventure possible jusqu’au bout !

Nous avons pris la route avec Maman, Rachid, notre guide et ami, et Sofia une amie qui veut filmer des parties du voyage.
C’est le cœur un peu lourd que je fais les 6 heures de route jusqu’à Ouarzazate car bien que très excité de reprendre la route, je suis triste de laisser mes amis, ma sœur et Lost. Au final elle ne peut pas venir avec nous parce qu’elle n’est pas encore assez bien dressée.
En arrivant, le soir, nous nous rendons compte que personne ne s’est vraiment occupé de trouver un endroit où dormir. Heureusement nous trouvons une petite auberge pour nous reposer avant de commencer la marche demain.

Hâte de vous raconter ça !

Gros orage sur les Ait Boughmez

Assam Souk – Zaouiat Oulmzi

On a prévu de faire une journée facile et de rattraper la partie que je n’ai pas pu faire à cause de la pluie. Maman nous a déposé à Assam Souk où on était arrivés sous la pluie trois jours plus tôt. Nous partons avec l’idée que ça va être surtout de la descente et qu’il n’y en a que pour 4 heures de marche avant d’arriver à Zaouiat Oulmzi, le premier village de la vallée des Ait Bougmez. Exceptionnellement nous partons sans sac à dos puisque nous retournons au gîte Alliance Berbère après la marche. Ines, Nayla, Renaud et Laura décident de m’accompagner. Contrairement à ce qu’on nous avait dit, la montée est assez raide et dure longtemps. En plus notre amie qui n’est pas habituée à marcher, n’avance pas et on doit tout le temps l’attendre. Finalement on arrive au plateau Tizi n’Illaz à 3014 mètres d’altitude puis on redescend vers le lac d’Izourar. Cela fait déjà 7 heures qu’on marche quand on passe le lac et l’orage gronde. On doit se dépêcher mais les filles ne suivent pas. Soudain la grêle se met à tomber très fort et on n’a aucun moyen de se protéger. On voit des éclairs partout et il commence à pleuvoir à torrent. On va aussi vite que possible et on met encore une heure à rejoindre maman qui était venu nous chercher au village de Zaouiat Oulmzi. Finalement cette marche aura duré 8 heures au lieu de 4 mais on a fait notre premier 3000 et les paysages étaient exceptionnels. On a pris une bonne douche chaude en arrivant au gîte et on a passé une soirée bien animée.

La vallée heureuse

Zaouiat Oulmzi – Imelghas

Nous prenons le taxi pour rejoindre la portion de chemin qui nous permet d’arriver dans les Ait Bougmez. Nous étions prêts pour partir à 7h comme convenu mais finalement le minibus a démarré vers 8h et il s’est arrêté 5 minutes plus tard dans le village et nous avons attendu plus d’une heure qu’il reparte. Finalement nous avons commencé à marcher vers 10h30 avec pour objectif d’arriver dans les Ait Bougmez en même temps que maman, Nayla et Ines, notre amie. La randonnée d’aujourd’hui n’était pas très intéressante parce qu’encore une fois des orages étaient annoncés et nous avons dû suivre la route pour ne pas prendre de risque. Il y a d’abord une longue descente jusqu’à la vallée et ensuite on traverse tous les villages jusqu’au gîte. Lost, malgré sa petite taille fait peur à tout le monde. Dans la vallée les enfants sont beaucoup plus agressifs qu’ailleurs. Ils demandent tous des bonbons ou des dirhams et c’est très désagréable au bout d’un moment. Nayla et Ines sont venues à notre rencontre et nous avons terminé encore une fois sous la pluie. Nous avons pu nous réchauffer chez une amie de maman qui nous a accueillis à Alliance Berbère. Ils ont beaucoup de chèvres, de moutons et une mule qui était contente de nous voir. Nous avons eu droit à un bon repas et un lit douillet.

Bloqués par la pluie

Zaouia Ahansal – Assam Souk

Avec Renaud on a droit à un bon petit déjeuner avec msemens, confiture et nosnos. Puis on prend quelques provisions et on part en direction des Ait Bougmez. Au début on longe l’Oued et la vue sur les montagnes est magnifique. Après ce n’est que de la montée pour arriver au col. Il fait très chaud et je pense que j’ai attrapé une petite insolation. Arrivés en haut, le ciel s’est couvert et il se met à pleuvoir. Nous devons nous abriter derrière la seule bâtisse qui se trouve là. Comme le vent tourne, on change de place régulièrement pour éviter d’être mouillés. On reste ainsi près de 2 heures avant de pouvoir repartir. Il manque à peine 10km à faire avant Assam Souk mais on ne veut pas marcher sous la pluie sachant qu’il n’y a aucun moyen de faire sécher nos affaires à l’arrivée. Finalement on arrive au village en passant entre les gouttes. Le seul endroit où on peut dormir au sec est un café dans lequel on nous propose de nous installer par terre une fois que tous les clients seront partis. Des orages étant prévus pour le lendemain et ayant mal à un pied depuis le matin, nous décidons de prendre la dernière camionnette qui retourne sur Zaouia Ahansal avant la nuit. Nous nous réinstallons au gîte où nous devrons vraisemblablement rester jusqu’à après-demain. J’en profiterai pour dresser Lost qui a failli se faire écraser.

Repos

Timghazi – Zaouia Ahansal

On part à 8h pour arriver le plus tôt possible. Le chemin n’est pas bien tracé. On s’aide du GPS pour aller dans la bonne direction mais il est impossible de savoir si on a pris le bon sentier. Cela nous oblige à passer dans des endroits très raides. En plus la pierre est friable et on perd l’équilibre facilement. Quand on peut on dérape en position de surf. A plusieurs reprises, on doit jeter les sacs plus bas et s’accrocher aux cailloux pour ne pas glisser. Lost a peur de descendre et refuse de bouger. On doit se la passer et avancer à tour de rôle. En faisant un peu d’escalade on finit par récupérer le chemin qui nous mène à Zaouia Ahansal. On aura mis plus de temps que prévu, il est 10h30 et on est mort de faim. On s’arrête dans le premier gîte qui sert des petits déjeuner. On dévore tout ce qu’il est possible de manger. Une fois repu, on cherche le Gite oued Ahansal qui se trouve à la sortie du village. On passe le reste de la journée à lire et se reposer. Yanis doit trouver un transport pour rentrer sur Marrakech et sera remplacé par Renaud qui fait le trajet dans l’autre sens.

Froid et faim

Zarkane – Timghazi

 Il fait très beau aujourd’hui et nous partons tôt. Au bout de quelques kilomètres on voit qu’il y a plein de lacets qui montent. On se prépare à une journée difficile. La montée n’en finit pas. Heureusement, on passe devant plusieurs sources sur la route pour remplir nos gourdes. A midi on regarde la carte, on a déjà fait 12 km et il en reste encore 8 avant d’arriver au sommet. Après une pause déjeuner au milieu de nulle part, on reprend notre ascension et on arrive en haut fatigués surtout par la chaleur. On est à 2837 mètres au sommet du Timghazi et la vue est impressionnante. On voit toute la chaine de l’Atlas. On a une grande descente jusqu’à Zaouia Ahansal et on se dit qu’on peut y arriver ce soir. Au bout d’un kilomètre Yanis se rend compte qu’on est parti dans la mauvaise direction, on repart en arrière et une fois sur le bon chemin, on marche jusqu’à la nuit. On voit qu’on est encore loin alors on décide de s’arrêter avant qu’il ne fasse trop noir. On n’a pas prévu de nourriture pour le soir, pensant croiser un village sur notre route. On fouille nos sacs et Yanis trouve un morceau de pain et une boite de thon qui restaient de la veille. C’est mieux que rien. Il fait très froid et nous ne montons qu’une seule tente pour nous tenir chaud. On sait que le village n’est pas loin alors on prévoit de se lever à 5h du matin pour voir le lever du soleil et arriver assez tôt à Zaouia Ahansal prendre un bon petit déjeuner. Quand le réveil sonne, il fait nuit noire et vraiment froid. On n’a pas le courage de se lever et on se rendort immédiatement.

Lost, star du village

Ari n’Zaitmouzen – Zarkane

Nous sommes toujours sur les chemins entre Imilchil et Zaouia Ahansal. On a fait 20 km dans la journée. Cela semble peu étant donné qu’on a marché 7 heures mais il y a beaucoup de montées et de descentes et on est entre 2200 et 2800 m d’altitude. Pour la première fois Lost a fait tout le trajet sans être portée. Elle devrait bien dormir ce soir. Nous sommes arrivés vers 16h dans le petit village de Zarkane et aujourd’hui c’est le jour du souk.Il y avait donc beaucoup de monde au village. Nous nous sommes installés dans un café et nous avons fait l’attraction de tous ceux qui étaient par là. Une centaine de personnes nous ont entourés et posaient plein de questions à notre sujet mais surtout au sujet de Lost que tout le monde voulait acheter. J’ai vécu un vrai cauchemar mais heureusement un monsieur a dissipé la foule et nous sommes partis nous réfugier chez le Mokadem chez qui nous avons dormi. La plupart des gens dans cette région très enclavée ne parle que l’Amazigh (berbère) mais on arrive à se faire comprendre en arabe.

2 cols dans la journée

Imilchil – Ari n’Zaimouzen

La neige a fondu. Mon frère Solen devait reprendre le travail et ma sœur Nayla n’avait pas les bonnes chaussures. Notre équipe s’est encore réduite. Ils ont pris un taxi tous les deux hier et je continue avec Yanis. On est reparti d’Imilchil mais cette fois-ci en direction de Zaouia Ahansal. On a fait du stop pour faire les premiers kilomètres qu’on avait déjà faits vendredi dernier. Cela nous a permis d’avancer un peu parce qu’on a 75 kilomètres à faire en haute montagne pour arriver à Zaouia Ahansal et on voudrait y être Jeudi. On a monté un col à 2600 m d’altitude, on est redescendu et on a suivi l’oued. Les paysages sont encore très différents et il n’y a absolument personne sur notre route. Heureusement on avait prévu l’eau et la nourriture. On a monté un deuxième col à 2800 m et on s’est arrêté là parce qu’il y avait un petit village et trop de vent pour continuer. Il n’y a que 6 maisons habitées par des jeunes qui sont tous berger ou muletier. Étonnamment chaque maison a un panneau solaire pour l’électricité. Ils parlent tous uniquement le berbère mais on arrive à se comprendre quand même. On a vérifié qu’on était sur le bon chemin en donnant le nom des villages qu’on avait noté. Ils nous ont indiqué un endroit où on pouvait planter la tente. On s’est installés devant l’une des bergeries, protégés du vent. Le sol est plat et confortable parce que c’est là qu’ils doivent enfermer les moutons l’été. Nous avons bien dormi et le matin, ils nous ont gentiment préparé un thé bien chaud.

témoignage de Paulina

Paulina, une amie chilienne, a marché avec Ilyan de Midelt à Imilchil et nous livre ses impressions :
« Ha terminado al experiencia más memorable de mi estadía en Marruecos.
Caminar con Ilyan, su perrita « Lost » por 5 días y medios, más de 110km juntos, no pudo ser más especial.
Ilyan es un chico de solo 13 años, tan diferente, realmente aprendí muchísimo, él es tan maduro, tiene las cosas claras y sabe lo que quiere.
Cada día que compartimos fue lleno de risas, de conversaciones, aventuras, disfrutar los paisajes, y esa constante expectación de qué veremos detrás de cada colina.
Cuidandonos el uno al otro, comodidades nos sentíamos en la ruta, si es que estábamos cansados, con hambre, cómo estaban nuestros pies, si teníamos sed, todo, fuimos muy cómplices, fue el mejor compañero de ruta que tenido en mis 5 años de viaje…
Me sorprendí mucho de cómo respeta la naturaleza, su curiosidad, como analiza su alrededor, las personas, los animales, como le enseña a su perrita para que sea obediente, su paciencia para muchas cosas y como se detiene a reflexionar.
Él es un claro ejemplo para las nuevas generaciones, la importancia de los valores que te dan en la familia, cumplir sueños y aventuras e ir más allá de los simples y aburridos estándares que la sociedad en que vivimos nos inculca a seguir ».

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer