Les fleurs

 Il pleut! Yanis a remplacé Adil. A peine avons nous commencé à marcher que la pluie s’est mise à tomber. Nous n’avons pas d’autre choix que d’aller nous réfugier chez Radwan qui a une auberge au milieu du parc de Tazekka et qui nous a chaleureusement accueillis. Malheureusement il fait vraiment trop mauvais pour reprendre la route aujourd’hui et nous restons au chaud pour la soirée.
Depuis Tanger, tout au long du chemin, j’aime observer les fleurs et les insectes. Voici quelques spécimens de jolies fleurs.

C’est le printemps

Taounate – Ouled Boussaadane – Oulad Aziz – Oued Amlil

Ces 3 derniers jours j’étais seul avec Adil et on avait un bon rythme parce qu’il y avait moins de montées et de descentes. En revanche, on a eu de la pluie et du vent mais heureusement on a dormi chez l’habitant. Les paysages étaient très fleuris et les personnes qu’on croise nous indiquent à chaque fois le chemin. Vendredi, un monsieur nous a invité à partager le couscous avec sa famille. On passe régulièrement dans les épiceries pour grignoter un peu; en général c’est un sandwich au thon ou des oeufs et parfois il y a un jus d’avocats. Vendredi on a marché 10 heures pour arriver à Oued Amlil et je pense qu’on a fait 40 kilomètres! Ma soeur Nayla et mes amis me manquent mais je viens de les avoir au téléphone alors tout va bien. J’attends mon frère Yanis avec impatience.

Témoignage de Renaud, mon beauf

Lundi, j’ai rejoint Ilyan avec Adil. Nous sommes partis de Chefchaouen avec comme objectif d’atteindre Taounate. J’ai passé une merveilleuse semaine dans d’incroyables paysages montagneux. Nous avons longé des rivières, traversé des plaines remplies d’arbres fruitiers et coupé à travers champs.
Nous souhaitions camper un maximum pour former Ilyan au bivouac. Il est encore possible de faire du camping sauvage au Maroc dans de supers conditions. Nous plantions nos tentes près des forêts ou au bord de l’eau puis nous lancions un petit feu, un sandwich, un thé à la menthe (sauvage, cueillies au bord des rivières) et au lit !

Nous avons rencontré plein de monde, tous plus accueillants les uns que les autres et aussi ravis qu’étonnés de notre passage. Le pays est encore préservé autant au niveau de ses habitants que de sa nature. Et chouette opportunité pour moi car j’ai pu découvrir les techniques d’agriculture traditionnelles.

Ilyan m’impressionne. Du haut de ses 13 ans il a le courage incroyable de se lancer dans un projet pareil. Marcher c’est à la fois très joyeux et très dur. Mais même quand il avait du mal il s’accrochait et il avançait alors que le rythme accélérait souvent, à cause de mes grandes jambes. Je le soupçonne d’avoir essayé souvent de faire la course. Il a un mental d’athlète de haut niveau et la tête bien dure.
Merci p’tit gamin d’avoir eu cette idée folle et à très vite pour marcher ensemble dans le haut atlas.

Bon anniversaire Adil

Douar Lakelaiye – Sidi El Mekhfi – Taounate

Après une nuit au dessus de Rhafsai on a fait deux grandes journées de marche pour rejoindre Taounate. On est passé par les montagnes, beaucoup de montées et de descentes. Il y avait déjà plein de fleurs dans les champs. On a dormi au centre d’un petit village, Sidi el Mekhfi, encerclé de montagnes. C’était très beau, on a planté notre tente au milieu des arbres fruitiers. Comme c’était l’anniversaire d’Adil, on a improvisé un petit gâteau avec du thé avant d’aller se coucher. Lundi on a beaucoup marché parce qu’on voulait arriver le plus tôt possible à Taounate où Renaud, mon beau-frère, devait trouver un taxi qui le ramène à Fès. Finalement, il est parti en stop avant. En continuant avec Adil, on est passé par un petit village et on a croisé une dame qui parlait français et qui était la première à comprendre ma démarche. On a longé le lac du barrage Sahla et on est arrivé en fin de journée bien fatigués. Après ces deux jours sportifs mais avec des paysages magnifiques, je vais me reposer une journée avant de repartir.

Une bonne baignade

Ratba – Douar Lakelayie

On est descendu de notre campement en dessous de Ratba et il y avait une cascade avec de grands bassins. On en a profité toute la matinée pour se baigner et laver notre linge. On a rencontré un jeune très sympa avec qui on a beaucoup discuté à l’endroit où on s’est arrêté déjeuner. Le soir également, le berger chez qui on a planté notre tente était très heureux de savoir que je traversais le Maroc à pied. Les gens qu’on croise sont toujours étonnés puis après ils cherchent à nous aider comme ils peuvent et à nous donner des conseils. Merci pour tous vos encouragements, la baignade d’aujourd’hui m’a redonné la pêche!

Passage de l’Oued

Beni Ahmed – Ratba

On a encore marché dans les montagnes en longeant l’oued. Il a fallu se déchausser pour le traverser et c’était compliqué avec le sac à dos. On est à nouveau passé par la forêt et dans l’après-midi, j’étais vraiment épuisé et je n’arrivais plus à porter mon sac alors on s’est arrêté. On a marché environ 17 km, un peu moins que d’habitude mais on s’est arrêté dans un bel endroit. Après 2 semaines de marche, j’ai fait 250 kilomètres et même si je suis un peu fatigué aujourd’hui, je me sens vraiment d’attaque pour aller jusqu’au bout.

13 km pour aller à l’école

Bab Taza – Beni Ahmed

 Aujourd’hui on a beaucoup marché dans les montagnes pour éviter la route. Je n’aime pas longer les routes parce qu’il y a plein de véhicules qui passent et c’est plat en général. On est passé par des petits sentiers dans la montagne, c’était beaucoup plus amusant. Pour trouver le chemin, on demande aux personnes qu’on croise. Les informations qu’ils donnent ne sont pas très précises et nous devons vérifier à chaque fois, qu’on va dans la bonne direction. Par exemple quand ils disent « au croisement tu vas à gauche », en fait il s’agit du 3ème croisement et ça ils ne le précisent pas. On a rencontré des enfants qui sortaient de l’école, ils ont fait une partie de route avec nous. Eux, marchent tous les jours 13 km dans chaque sens pour aller et revenir de l’école. Moi, je venais de faire à peu près 26 kilomètres également mais avec le sac en plus j’étais fatigué. Au niveau de Beni Ahmed on s’est arrêté dans une épicerie et le monsieur nous a proposé de rester dormir chez lui parce qu’il y avait beaucoup de vent. Après 3 nuits sous la tente, j’étais content de pouvoir dormir sur un matelas et surtout me laver.

Déjà 200 km

Atabiaa – Bab Taza

Ce matin on a beaucoup marché. On ne voulait pas suivre la route alors on a coupé à travers les buissons. Ça n’était pas facile. En plus, le soleil tapait très fort et il y avait beaucoup de vent donc on avait toujours trop chaud ou trop froid. On a dû marcher un peu plus de 20 km comme hier. Maman m’a dit qu’aujourd’hui, j’ai passé le cap des 200 kilomètres.
On a trouvé un endroit plat et sans cailloux pour planter la tente près d’Oued Malha. La nuit, la lune est tellement forte qu’on y voit comme en plein jour.

Papa raconte notre marche vers Chaouen

Nous sommes partis de Moulay Abdesalam Vendredi dans l’après-midi Ilyan et moi pour rejoindre Chefchaouen. La traversée des vallées qui se succèdent sur le trajet jusqu’à Bni Leyt nous a offert un festival de fleurs, de plantes, d’arbres centenaires, de couleurs du ciel qui nous transportent très vite très loin des bruits et des fureurs de la ville. J’étais heureux de voyager seul avec mon garçon, malgré l’effort, malgré les sacs que nous portions, malgré les genoux qui grincent et les mollets qui couinent, heureux de n’avoir à m’occuper que de lui…
Le départ au petit matin du samedi pour ce qui s’annonçait comme une longue journée de marche fut à l’image de ce périple jusqu’à présent. Beaucoup de sérénité et de maturité de la part d’Ilyan, beaucoup d’attention aux autres et aux choses. Il s’est autant occupé de moi sur la longue route qui relie Larbaa à Chaouen, que moi de lui. Je le soupçonne même d’avoir une ou deux fois annoncé son souhait de s’arrêter en fonction de ma fatigue et non de la sienne.
A chaque repos, il lisait. Et chaque départ était conditionné par la « fin du chapitre ». Mais il a trouvé aussi le temps de photographier les plus belles fleurs, de découvrir des insectes nouveaux, et de poser quantités de questions. Nous avons aussi beaucoup parlé, de la nature, de l’amitié, de comment se comporter avec ceux qui vous trahissent, de l’avenir du monde, de l’importance de l’hospitalité, du métier qu’il veut faire quand il sera grand (mais c’est un secret) …
Je suis reparti Lundi en voiture après l’avoir confié à Adil et Renaud en ayant l’impression d’avoir passé plus de 10 jours dans un autre monde, dans le monde d’Ilyan.

Nouvelle équipe

Chefchaouen – ATabiaa

Après une matinée au sommet naturel avec papa chez « Ahmed Bio », nous reprenons la route dans l’après-midi avec mes nouveaux compagnons de voyage: mon beau-frère, Renaud et mon parrain Adil. Au bout de deux heures de marche, on a fait un campement à la lisière de la forêt avec vue sur Chefchaouen. C’etait magnifique. Les habitants nous ont dit qu’on ne risquait rien, qu’il n’y avait pas de sangliers, ni aucun animal qui pourrait nous déranger pendant la nuit. On a effectivement bien dormi.

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